November 15, 2007

14€ pour les adultes, 1€ pour les moins de 10 ans

Ayé, ca va valser. Il revient le grand méchant qui me fait balancer. Il revient secouer mes certitudes à coup de hache. J'étais bien tranquille, posée sur ma branche, au sommet de l’arbre. Il est curieux cet arbre. Tout enduit d’huile, ou alors on peut dire tout endhuilé, j’avais réussi à épargner quelques cm carrés, conservés au sec, à coup de bec.

Et voilà qu'il commence à scier. Avec ces quenottes dégoutantes et d'oncle. Ces cheveux dansent sur sa tête, à un rythme effréné. Il y en a des rouges, de gris et des noirs. Je suis sûre qu’il se teint. Il se tint fort à la racine, pour ne pas perdre l’équilibre au cours de l’exécution de son acte sadique.

A chaque resserrement de ces mâchoires, je sens de profondes vibrations remonter le long du tronc. Puis elles se transforment en notes, en croches, en nappes. Je ferme les yeux et voilà que je ne contrôle plus rien. Il a arrêté de mordre pour creuser la faille qui risque de m’être fatale. Le fourbe malaxe maintenant. Et c’est pire. Pire car les vibrations s’accompagnement de grognements sourds. Et je sens l’écorce des fans se dérober, comme moi en les voyant le dimanche il y a bien longtemps. Woody halète. On le déloge. Il prépare son Carnegie Deli. La mousse file à toute vitesse se réfugier au coin de la crèche. Et voilà qu’une branche cède déjà. Je sens une de ses feuilles effleurer ma patte gauche. Ca va être la fin pour moi. Je vais finir dans son ventre, enfouie sous un tas d’humus. En même temps, plus de balance, calée bien au chaud dans un bidon. Puis le bidon, à force d’y être confrontée, j'ai franchement envie de le vivre. J’ai gardé les yeux fermés. Je vais mieux sentir ses quenottes perforer mon thorax. Et j’emporterai un potiron au passage. Un petit rondin de bois pour m’en faire un oreiller.

Ayé, je glisse. Fini mon équilibre, fini ce semblant de quiétude. Jusqu’au dernier millimètre sec, je m’accroche de toutes mes forces ; mais devant maintenant choisir entre continuer la lutte et profiter de la fin, j’opte pour jouir du dernier instant. La couche supérieure de mon épiderme est percée. Un peu chaud et enivrant, mais juste ce qu’il faut. Je suce mes plumes pour récupérer les dernières gouttes de sang, la bouche étant plus près du cerveau, il passera forcément par là lundi, mardi, mais pas mercredi, je ne travaille pas, désolée.

Je suis tout sec maintenant, déposé tendrement par un pinceau sur une toile tissée. Je ne sais trop comment interpréter les sourires des personnes qui me regardent. Tantôt tendres, tantôt dûrs. Certainement l'expression de leur préférence pour un type de nougat. Enfin, je dis ça, j'en sais rien moi. Mais dans tous les cas, je savais bien que l’expo d’Arcimboldo me ferait faire des cauchemards…

Après les vacances et NY

Un petit moment d'abscence... Les vacances de la Toussaint suivies d'un séminaire à NYC. Emilie et Charlotte sont allées chez papy et mamie à Montpellier et toi, Juliette, tu es partie en classes verte chez Tatie. Bonne expérience de vous séparer, en même temps pas très pratique s'il fallait le faire au quotidien. Tes nombreux cours de poney, les grandes ballades dans la plaine du Larzac t'ont musclé les cuisses et ont teintés tes petites joues d'un joli rose. Nini et Nanotte, quand à vous, vous revenez toutes mignonnes et bien reposées. Un petit jour avec maman et hop je décolle. Pour la première fois, vous me manquez dès le 1er jour d'abscence. Dimanche 11 novembre, chorale pour Nini. Mercredi, expo d'Archimboldo, avec une maman encore sous l'effet du décalage horaire... Vous êtes adorables.

October 24, 2007

Bienvenue chez nous

Aujourd'hui, c'est la fête. Je suis allée chercher les filles à l'école et à la crèche. Mais je ne vous ai pas encore présenté les filles : Emilie - 5 ans, Juliette - 4 ans et Charlotte - 2 ans, et euh.. non, y'en a pas d'autres, ou alors pas de moi. C'est rare que j'y arrive ces derniers temps, le dernier bébé - business lab prenant une bonne partie de mon temps et Jinhua, ayant, après 2,5 ans de bons et loyaux services, conquit ma confiance pour me remplacer sur cette mission de fin de journée.
Juliette a terminé son exposition de dinosaures dans sa classe. Les parents sont invités pour une visite en fin de semaine.
Charlotine a bien dormi à la crèche, elle doit se remettre du long dimanche avec mumu, chouchou et Paul.
Quand à Nini, elle m'a proposé d'arrêter le piano aujourd'hui, elle en a assez de devoir travailler entre deux leçons et voudrait juste travailler avec son "petit professeur, dans sa petite maison, avec son petit piano". Et voilà donc que je tente un raisonnement. Optimisation des coûts de la leçon de piano, besoin de fournir des efforts dans la vie pour en profiter ensuite, les notions de se forcer, de se donner du mal. Et paf, voilà le "mais maman, si tu veux récupérer tes 25€ chaque semaine, le plus simple c'est que tu annules mes leçons, comme ça tu pourras t'acheter des vêtements. Fais ça, moi je vais regarder Gulli". Humm, je crois que j'ai loupé ma leçon de vie.
Autre perle du jour, avec Néné (que Juliette appelle Gros Nez), une nounou en période d'essai et commençant aujourd'hui : "Néné, tu n'as pas de chance avec ton président qui garde tout pour lui. En Afrique, ça va être comme en France avec les rois, il va y avoir une révolution et ton président va se faire couper la tête! Nous, on a de la chance, Nicolas Sarkozy, il est gentil, il partage avec tout le monde". Et Zaza de renchérir "va lui couper la tête". Bienvenue chez nous, Néné. Ce foyer souvent agité, rarement prévisible, mais plein de rebondissements. Ce foyer qui s'ennuie et s'essouffle quand rien ne se passe, qui se révèle dans le mouvement et le jonglage haute voltige. Juliette, mon petit concentré d'impulsivité, de transparence, de naturel; Nini, la raisonnée, l'intellectuelle, l'ultra-observatrice, et Charlotine, la plus forte de toutes les filles de la maison, celle qui arrive à soutenir le regard d'un parent fâché jusqu'à ce qu'il craque et rigole, celle qui ne pleure pas quand on la punit, mais qui note et se vengera un jour.
Papa vient d'arriver du bureau, il est 0h34, vous dormez, et nous, on doit parler, et oui, un peu de vous aussi...

L'origine de "Mes biquettes"

L'origine de "Mes biquettes"
Inspirée par un copain dont un collègue le fait, je vais le tenter : écrire la vie de mes biquettes.

August 22, 2007

Mise double sur le point

Besoin de fixer un point. comme avec le canevas, quand j'avais 12 ans. Le point qui transforme d'une touche une seule cette forme en un magnifique cheval qui galoppe sur la plage au coucher du soleil et que l'on oubliera toujours de mettre sous verre et d'accrocher dans sa chambre. celui que l'on ne pourra jamais jeter et qui viendra alimenter les tas de morceaux de vie que l'on empile au fond du placard toujours trop petit. Ces tas qui prennent la poussière; logique, c'est comme ça qu'on finira, avec notre tas. mais c'est pas grave, on a fait l'effort de relier tous les points, en prenant garde aux couleurs. On a évité d'improviser, d'intervertir les couleurs...la peur de s'éloigner du patron. Et le patron, c'est la loi, la référence. Il est même en photo en haut à gauche de l'emballage, pour être certain qu'il n'y ai pas déviance. Et mamie est fière de sa petite. Et le patron aussi.
Mais il y a les autres, ceux qu'on veut faire, à longueur de journée. ces points qui nous échappent, qui dès qu'on les poursuit se transforme en lignes puis en lianes et paf, pendu! tellement plus sympa de les faire à plusieurs ceux-là. On échange sur le point, on se passe le point, on le traite, on se traite... parfois, quand on sur-performe, on le clôt. Ou on l'enterrine. La première terrine sans échauffement... Mes préférés, c'est ceux qu'on met sur la table, d'un coup sec. Ils ont le mérite de mettre fin aux précédents. C'est le papa point. Planquez-vous les virgules... pas d'interrogations, pas d'exclamation, le papa point il est carré, comme Raymond. A la ligne d'accord j'y vais.

Alors lequel prendre. J'ai pas dis le pied, j'ai dis le point! Le problème de celui de l'interrogation, c'est qu'il empêche de dormir. Une ablation de l'interrogation, c'est sous anestesie générale? réversible? effets secondaires? et voilà, déjà trop nombreux...
Je vais prendre la solution facile, le point virgule. héhé piégé. J'ai fini. non, en fait, j'ai fini; mais et voilà que ca continue... il est open le point virgule!! on a le droit d'hésiter. Continuer ou arrêter. Et on a besoin de prévenir personne avant. En lui mettant une attelle par en dessous, discrètement, le point qui rassurait tout le monde peut se tranformer en ; qui pour le coup inquiète les foules. Il y a des failles. le tout oui tout non, c'est pas pour tout de suite, faudra repasser, et sans lustrer! en s'appliquant sur les faux plis et les vraies boutonnières, en lachant la vapeur madame! et c'est cette belle vapeur, ce petit nuage ephémère qui donnera le temps de la rélfexion. Le ; c'est le point des lâches;

July 17, 2007

Jour 17: Prends garde à toi!

Doré à point. C’était demandé comme ça à la boulangère. Et pour le coup, elle a était généreuse.
Les vieilles pierres encore chaudes donnent envie de se coucher là, les odeurs de terre de faire des vers, le cigaillon (mot d’ici, puisque je suis là, pour désigner le chant des cigales dès lors que les degrès sont plus de 26 à jouer à saute-moutons) de s’abandonner.
Et pourtant tout commence dans 35 minutes. Les gens se pressent. Monsieur et Madame sont assortis. C’est chic. Pantalon rouge blazer noir pour lui, tunique rouge pantalon noir pour elle. Presqu’élégance pour lui, totale vulgarité pour elle. La complémentarité parfaite. Il avait certainement envie d’être Redford, elle pense avoir épousé le vrai.
Et lui, ce jeune homme à la mode et aux cheveux décoiffés. Il devait dormir dos à la mer quand il était petit et râler quand le sable se collait sur son œuf dûr. Il se tient là, quasi adossé à son compagne, dont le regard mais surtout la robe blanche doivent cacher bien des secrets. Elle regarde pour être vue. Elle tient une cigarette, en fume une bouffée puis la glisse entre les lèvres de son décoiffé. Lui savoure l’instant, qu’il doit confondre...
Et tout ça sous le regard des étoiles et dans la carrière du château du marquis de Sade. Sade devrait être bien cette soirée.
Les lumières s’en vont en toute discrétion, peu à peu remplacées par des fausses notes, je vous l’accorde. Les premières belles notes parviennent à s’extirper de ce joyeux fatras, et les voilà qui virevoltent au-dessus de ma tête et vont chatouiller le R&B couple. J’en attrape une au passage, heureusement c’est une double croche et nous sommes deux. J’ai soudain l’impression d’avoir quatre mains. Une dans celle ma fille, une dans ses cheveux, l’autre tenant la croche et l’autre ou ça ne vous regarde pas, de toute manière on est trop haut maintenant, on ne verrait rien. On est parti là-bas, juste entre les deux pins parasols. Et on a pris le train jusqu’à la mer. Encore une étoile qui nous accueille, certainement une cousine de l’ours. Changement de monture. C’est drôle comme en se coordonnant on parvient à donner le mal du pays à une étoile des mers. A cheval sur sa branche et actionnant les mains, ma fille sur la branche opposée et actionnant ses menottes, nous créons un mouvement de rotation qui s’accélère et nous entraine vers le fond. Epuisée, l’étoile nous abandonne Là, se disant qu’entre elle et la musique, il y a un océan. Et le La, ils l’ont trouvé les musiciens et ne le lâche plus. Leur chef les menace avec sa baguette. Tendus comme leurs cordes, les violonistes s’exécutent. Ils envient le triangle, un planqué ami de la famille, certainement…Et pourtant c’est formidable. Et même si Carmen était un peu coquine avec les garçons, j’ai rarement vue une histoire d’amour qui se terminait aussi bien.

Sites

http://www.tokyomango.com

July 10, 2007

Jour 10 : Bonnieux et savon d'Alep

Première nuit à Bonnieux.
Gordes, Goult, Lacoste, Roussillon, que de noms qui fleurent le rosé et le miel.
Mais qui a déposé là ces petits villages dorés, perchés sur le haut des collines comme le corbeau sur l'arbre? Un grand jeu entre grands Manitous?  Un pas dans la terre encore meuble et voilà un vignoble. Un tracé du bout du doigt et voilà la rivière. Une partie d'osselets et voilà les fortifications. De la poudre dorée et voilà la lumière du soir... Et dans le groupe, il y a l'autre.
L'autre qui ne veut pas que le temps passe. Celui qui s'accroche à la grande aiguille, qui a mis des chaussures à crampons, son harnais et ses mousquetons. Celui qui a veilli trop vite et qui regrette. Celui qui pense encore que tout est réversible, comme son t-shirt acheté en soldes le premier mercredi du mois. Et son problème, c'est la petite aiguille. La "sournoise", il l'appelle. Celle qui sous son air de "je ne bouge pas" avance à petit pas, dans son dos, discrètement. Et lui voudrait que tout soit figé. Alors il a fabriqué des étiquettes. Fabrication Artisanale, Véritable lavande, Authentique, A l'Ancienne. Il a installé des parkings à l'extérieur des villages, pour faire comme à l'ancien temps. Il préserve, pour qu'il n'arrive rien aux osselets.
Et il n'arrive jamais rien. La petite avance, mais les chiffres aussi, au même rythme. On croise des mamies de 128 ans, des papys qui ont réussi à user les bancs de Pierre, qui ne leur en veut même pas... Des pharmaciens qui n'en peuvent plus d'essayer de renouveler leur clientèle, sans succès. Qui sont heureux quand la saison des touristes arrive enfin. Des vrais gens malades, qui se font piquer par les Arabis, cette spécialité locale à consommer à l'heure de l'apéritif.

Quelques photos

July 07, 2007

Blogs, sites, articles

http://sethgodin.typepad.com
http://www.churchofthecustomer.com/blog/
http://www.micropersuasion.com/
http://billaut.typepad.com

http://wisdump.com/web/the-ebb-and-flow-of-social-networking/

July 06, 2007

Jour 6 : Carnon centre ville, en face de la superette

"Juste en face", avec l'accent du sud, qu'elle m'a dit. Sous un soleil de plomb (mais maintenant je m'en méfie... cf Jour 2), me voilà partie, quittant le sable pour le bitume. 50 pas jusqu'au palmier. A 54 pas, je cours 30 foulées. J'aime bien compter mes pas, faire des paris sur le nombre de pas qu'il faut pour atteindre la voiture verte, à côté du jardinet coquet de la villa louée Juillet-Août par l'Agence du Soleil, fermée entre 12h et 16h30. Souvent je gagne, parfois je n'arrive pas à faire de tous petits pas sans trébucher ou de grandes enjambées sans marcher sur le lacet de ma tongue, juste pour ne pas avoir tort. Il fait chaud. Le bitume semble se déformer sous mes pas. Tiens, en fait c'est peut-être un immense square pour enfant, revêtu de cette drôle de matière verte un peu souple qui donne envie de tomber, juste pour voir. Superette. Bouées dauphin et épuisettes, mais rien en face. Je tente la superette à l'odeur d'été. En espèrant qu'ils en auront, j'achète des bricoles inutiles, pour la forme. Passage en caisse, et paf, ils n'en n'ont pas. C'est malin, en plus du soleil de plomb et des tongues, me voilà chargée de 3 cannettes de coca light avec une paille et des glaçons s'il vous plait.
Je croise une maman avec un landeau, lui pose la question. Elle n'en sait rien, elle n'est pas d'ici; certainement la locataire de la villa au jardinet coquet de l'Agence du Soleil. Je continue. Le noir chauffe au soleil; je le savais, là, je l'expérimente. Rien, je ne vois rien à l'horizon, à part la mer. hum... Je tente un bar/brasserie Chez Joël. Ah il a l'air sympa Joël! Il a plein de copains qui jouent au flipper, d'autres aux cartes. L'ambiance musicale trop forte est interrompue de rires gras, de "pechèèère", de "alllez", et ce qui est merveilleux, c'est la synchronisation. Des marmornements et paf, ça monte, re-marmonements, et re-paf, re-remonte. Ils sont complices les copains de Joël. Et Joël, ça va être mon meilleur ami, parceque Joël, lui, au moins, il en a!... des clopinettes...